🇨🇴 J229 à 232 : La Ciudad Perdida, un trek de 4 jours au cœur de la jungle

Après nos retrouvailles avec Sophie et Leon Ă  Santa Marta, on a fait ensemble le trek de la Ciudad Perdida, au nord de la Colombie, en 4 jours, avec l’agence Expotur.

Ce matin, ça pique. Pas Ă©tonnant vu la soirĂ©e de la veille… Mais ça nous fait bien rigoler, et on espère pouvoir se reposer pendant les 2 heures de route qui sĂ©parent Santa Marta du dĂ©but du trek. Pour les 50 premières minutes, ça va. Pour la suite, un peu moins : on entame une route praticable uniquement en 4×4, et au bout de 5 minutes notre bus tout-terrain nous lâche. Heureusement ils ont l’air rĂ©actifs chez Expotur, et 15 minutes plus tard nous voici avec de nouveaux vĂ©hicules. Moins fun et confortables, mais on arrivera au moins Ă  destination !

CompactĂ©s a l’arrière d’un 4×4, nous faisons donc connaissance avec Jenny, Jessy, Amber, Ailsa et Ben. Le groupe a l’air sympa, c’est une première bonne nouvelle. Nous nous retrouverons tous pour manger, au point de dĂ©part du trek. Notre belle brochette de 13 randonneurs et 3 guides portera le nom de « Latinos » pour les 4 prochains jours ! C’est donc le ventre rempli et plein d’entrain que nous nous mettons en route. On voit des groupes terminant le trek, tous dĂ©goulinants de sueur, mais on ne fait pas le rapprochement, et pourtant… La première après-midi, on nous l’annonce direct, c’est montĂ©e sèche jusqu’au campement. Au vu de la soirĂ©e de la veille, autant vous dire qu’elle a Ă©tĂ© rude. Le stop « jus d’orange frais » fait le plus grand bien et nous remet d’aplomb pour reprendre notre progression dans la jungle. On croise quelques motos qui peuvent encore passer jusqu’ici, et les mules qui montent ou descendent les vivres (et quelques ĂŞtres humains extĂ©nuĂ©s). La pause suivante sera fraĂ®cheur, avec un bout de pastèque qui nous motive tous Ă  arriver au bout ! Premier campement, avec de vrais lits Ă  moustiquaires, un petit pont suspendu et mĂŞme une rivière avec piscine naturelle pour faire trempette. Malheureusement avec l’histoire du bus qui flanche, nous arriverons plus tard que prĂ©vu et la nuit commence Ă  tomber. Vincent va plonger, pour ma part je renonce et je file Ă  la douche, salvatrice. D’ailleurs, on ne s’y attendait pas, et c’est un luxe pendant un trek de 4 jours! Tout le monde est crevĂ©, après le repas on file au lit, demain c’est debout 5h…

C’est reparti pour une nouvelle journĂ©e, la plus dense. La mauvaise nouvelle, c’est qu’aucune de nos affaires n’a dĂ©cidĂ© de sècher, Ă  cause de l’humiditĂ©. C’est lĂ  qu’on se rend compte que 2 Ă©quipes s’affrontent : ceux qui ont un sac lĂ©ger mais qui remettent leur affaires trempĂ©es, et les autres qui galèrent mais qui ont au moins la chance de se changer… On fait partie de la 2ème.

Nous revoici en route, et les phases de montĂ©es et descentes nous mettent bien en jambe. On est au cĹ“ur de la jungle cette fois-ci, la vĂ©gĂ©tation est dense et l’humiditĂ© bien prĂ©sente. Nous passons par des villages Kogui, qui sont les populations indigènes de la rĂ©gion. HabillĂ©s avec une tunique blanche en coton et les cheveux longs, nous distinguons les filles des garçons de par leurs colliers de perles colorĂ©s. Ils cultivent toujours les terres dans ces zones de la Sierra, et le tourisme leur permet Ă©galement de subsister. Mais nous voyons bien que nous ne leur plaisons pas trop, il est mĂŞme difficile de faire dĂ©crocher un sourire aux enfants ! Auparavant, les terres Ă©taient des champs illĂ©gaux de marijuana, puis de coca, mais d’après les guides ils ont Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©s par la police depuis les annĂ©es 70. Nous nous arrĂŞtons dans un campement pour manger et nous baigner, ce sera aussi le camp oĂą nous passerons notre dernière nuit au retour. Puis c’est parti pour la montĂ©e de la mort.

ArrivĂ©s au campement, on est rĂ©compensĂ©s par un petit goĂ»ter des champions. Tout le monde est cuit, on attend avec impatience le repas pour ensuite aller se coucher. On arrivera quand mĂŞme Ă  jouer aux cartes avec Sophie et LĂ©on jusqu’Ă  21h, quelle folie ! Le lendemain, c’est le jour J : nous allons enfin voir la Ciudad Perdida ! Plus qu’une rivière Ă  traverser et une petite heure pour monter 1200 marches, et nous voici Ă  destination.

La Ciudad Perdida Ă  Ă©tĂ© Ă©rigĂ©e en l’an 800 environ, et Ă  Ă©tĂ© occupĂ©e Ă  peu près jusqu’en 1500. Les populations ayant vu dĂ©barquer les colons, se sont enfuies encore plus dans les terres et ont quand mĂŞme Ă©tĂ© fortement touchĂ©es par les maladies, apportĂ©es par les espagnols Ă  cette Ă©poque. Lorsque la citĂ©e a Ă©tĂ© dĂ©couverte, elle fut pillĂ©e par les bandidos qui dĂ©couvrirent des quantitĂ©s d’or et de pierres prĂ©cieuses incroyables. S’en suivirent des tueries pour rĂ©cupĂ©rer les butins des uns et des autres, jusqu’Ă  ce que cela arrive aux oreilles des archĂ©ologues et de l’Ă©tat, qui finirent par protĂ©ger la zone et remettre la partie principale sur pieds, ouverte Ă  la visite. Toujours aussi difficile d’accès, il faut donc emprunter ce trek (ou venir en hĂ©licoptère) pour la dĂ©couvrir.

Nous avons de la chance, aujourd’hui le soleil est de la partie pour nous offrir les plus belles photos. Il faut dire qu’on les a bien mĂ©ritĂ©es. Nos guides nous donnent plein de dĂ©tails, la visite est intĂ©ressante, on fait de chouettes photos de groupe et nous repartons ensuite au campement pour dĂ©jeuner.

L’après-midi, nous entamons le retour, et nous retournons au campement oĂą nous avions mangĂ© la veille. Le chemin est plutĂ´t tranquille, surtout sur la fin, tout le monde papote ! ArrivĂ©s au campement de bonne heure, on file au Rio se rafraĂ®chir un peu. Les jambes nous en remercient ! On reprend notre petite routine de la veille, goĂ»ter, tchatche, repas, jeu de cartes et gros dodo.

C’est reparti pour le dernier jour, on le sent dans les mollets mais c’est l’ultime ligne droite alors on donne tout. La journĂ©e ensoleillĂ©e est bienvenue, nous avons de belles vues que nous avions ratĂ©es Ă  l’aller. ArrivĂ©s au premier campement sur le coup des 11h, on dit au revoir Ă  ceux qui ont choisit de faire le trek en 5 jours, on se ravitaille et on repart de bon train sous un soleil de plomb.

2h de marche plus tard, nous voici enfin arrivĂ©s ! On est fiers de nous, on s’offre une petite douche salvatrice et une bière des champions pour le repas. Ensuite c’est parti pour Minca, Ă  6 dans un taxi douteux (5 + le chauffeur). Il y laissera d’ailleurs ses amortisseurs en nous amenant jusqu’Ă  notre hĂ´tel. Maintenant, place Ă  la dĂ©tente, la nature et un bon lave-linge Ă  Minca !

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